N°495 du 9 mars 2010

Radiothérapie pour les cancers bronchiques inopérables.
Les cancers bronchiques sont les tumeurs les plus mortelles et sont dans 80% des cas de type « non à petites cellules ». Environ 35% sont diagnostiqués à des stades I à IIIB mais sont inopérables à cause de leur extension ou du terrain avec ses co-morbidités.
L’adjonction de chimiothérapie à la radiothérapie permet d’augmenter la survie médiane de 11 à 14 mois lorsqu’il s’agit d’un schéma séquentiel et jusqu’à 16.5 mois en cas de traitement concomitant. La radiothérapie reste un traitement efficace, en particulier lorsqu’elle est accélérée (réduction de la durée totale du traitement) ou en cas de majoration de la dose totale. Cet essai de phase I/II a pour but d’évaluer la tolérance d’une accélération avec 2 séances par jour et de l’augmentation de la dose totale ainsi que l’impact sur les survies (globale et en terme de contrôle locorégional). Un total de 30 patients a été inclus pour recevoir 1,8 Gy à 11 heures d’intervalle chaque jour, afin de délivrer une dose totale de 84,6 Gy dans la tumeur et 63 Gy dans les adénomégalies envahies. Il n’y avait pas de traitement concomitant mais 63% des patients avaient reçu 2 cycles de chimiothérapie d’induction. Une majorité des patients étaient des hommes et l’âge médian de 67 ans ; la moitié d’entre eux restait en état général correct (Karnofsky supérieur à 80). Les auteurs ont inclus 67% de stade III et 53% des cancers étaient de type épidermoïde.
Le suivi médian global était de 26,8 mois et celui des survivants de 72 mois. Les toxicités étaient principalement œsophagiennes avec 7% de grade III (classification RTOG), 7% de grade II et 37% de grade I. Les toxicités pulmonaires de grade II étaient de 7% sans aucun épisode hémorragique. Les auteurs rapportaient une survie globale à 2 ans de 63% et à 5 ans de 23%, soit une survie médiane de 27,7 mois. Il existait 9 rechutes locales et parmi elles, 7 sont survenues chez des patients présentant une atélectasie initiale ; 4 récidives régionales étaient déclarées. Le contrôle local à 3 ans était de 61%. A noter qu’au moment de l’analyse, seuls 7 patients étaient vivants dont 5 en rémission complète.
Cette étude semble intéressante puisqu’un schéma bifractionné avec augmentation de la dose semble permettre le contrôle local de certains patients inopérables avec des toxicités très acceptables.
Rédacteur : Yoann Pointreau

  
 
 
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