Cette revue de presse a été réalisée grâce au soutien institutionnel de CHUGAI PHARMA FRANCE, sous la direction scientifique du Docteur Alain Toledano avec les Docteurs Jean-baptiste Bachet, Khaldoun Kerrou, Hanah Lamallem, Yoann Pointreau, Anne-Marie Ruppert, Benoit You, en toute indépendance et sous la seule responsabilité de DDL médias.
SOMMAIRE
Hormonothérapie - Docteur Thomas Bachelot
Traitements néo-adjuvant - Docteur Thomas Bachelot
Cancer du sein triple négatif (TNBC) - Docteur Labidi Sana Intidhar
Thérapeutiques ciblant HER-2 - Docteur Labidi Sana Intidhar
Facteurs prédictifs de la réponse aux traitements anti- HER-2 - Docteur Labidi Sana Intidhar
Anti-angiogéniques - Docteur Labidi Sana Intidhar
Autres thérapeutiques ciblées - Docteur Labidi Sana Intidhar
Radiothérapie - Docteur Alain Toledano
Chirurgie - Docteur Alain Toledano
Chimiothérapie - Docteur Alain Toledano
 
Anti-angiogéniques
Docteur Labidi Sana Intidhar (Centre Léon Bérard, Lyon)

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Une grande partie des communications sur les anti-angiogéniques a porté sur le bevacizumab (B). L’étude RIBBON-1 est la troisième étude de phase III randomisée qui compare l’association B et chimiothérapie à chimiothérapie seule en première ligne de traitement des cancers du sein métastatiques non HER-2. Les résultats ont été présentés en communication orale (Abstract 1005). 1237 patientes ont été randomisées selon un plan 2 :1 pour recevoir B+chimiothérapie ou placebo. Avant randomisation, les investigateurs pouvaient choisir entre capecitabine, taxanes ou anthracyclines. Le rajout de bevacizumab améliorait de manière significative la PFS, quelque soit la chimiothérapie associée mais pas la survie globale. Les résultats observés sont moins spectaculaires que ceux de l’étude E2100 présentés par Kathy Miller à l’ASCO en 2005 où la PFS du bras expérimental (paclitaxel +B) était à 11.4 mois, et se rapprochent plus de ceux de l’étude AVADO (Abstract 1011) où la PFS est à 8.8 mois. Au total avec le bevacizumab, la PFS en première ligne serait autour de 9 mois. C’est ce que retrouve l’étude observationnelle MO19391 qui a porté sur plus 2000 patientes traitées en première ligne par chimiothérapie et B (Abstract 1033). Concernant la toxicité des différentes associations, l’essai RIBBON-1 montre que l’association la plus toxique est taxanes+B, avec un taux de SAE à 41.4%, contre 22.41% pour l’association anthracyclines+B et 24.3% pour l’association capecitabine+B.
D’autres molécules de chimiothérapie ont été testées en association avec B dans le cadre d’études de phase I/II. Le paclitaxel encapsulé dans des nonparticules (nab-P) a été évalué en association avec B dans une étude de phase II randomisée comportant 3 bras. Bras A : nab-P (260 mg/m2) + bevacizumab (15 mg/kg) toutes les 3 semaines, bras B : nab-P (260 mg/m2) + bevacizumab (10 mg/kg) + filgrastim tous les 15 jours, bras C : nab-P (130 mg/m2) + bevacizumab (5 mg/kg) toutes les semaines. Le bras B (dose-intense) a été arrêté prématurément pour toxicité. Le taux de réponse était similaire dans les 3 bras, estimé à 40%. La PFS était plus longue dans le bras C (9 mois) que le bras B (6.3 mois) et le bras A (7 mois). Cet essai confirme une fois de plus le peu d’intérêt des schémas dose-intenses en situation métastatique. Un essai prospectif comparant les bras A et C est actuellement en cours.
D’autres études ont montré l’efficacité de l’association bevacizumab et ixabepilone (Abstract 1029), bevacizumab, capecitabine et vinorelbine (Abstract 1031), gemcitabine, paclitaxel +/- bevacizumab (Abstract 1089). A noter que l’association bevacizumab et doxorubicine liposomale pegylée (Abstract 1030) est particulièrement toxique. L’étude évaluant cette combinaison a été prématurément arrêtée (n=41) pour toxicité, principalement cutanée avec une fréquence élevée de syndrome mains pieds grade 3 (39%), et un effet anti tumoral modeste (taux de réponse objective à 23%).
Deux études se sont intéressées à la toxicité du bevacizumab chez les personnes âgées, dont la définition varie selon l’étude de 65 à 70 ans. L’étude observationnelle MO19391 (n=171, âge ≥ 70 ans) (Abstract 1032) a retrouvé un taux d’événement indésirables graves (SAE) estimé à 32.2%, avec en particulier une fréquence plus élevée d’hypertension artérielle (HTA) de grade ≥3 (7%), et de décès par toxicité (4.7%). Des taux similaires de SAE ont été observés chez les 127 personnes âgées de plus de 65 ans traitées dans l’essai de phase III AVADO (docetaxel+/-B) (Abstract 1094). Concernant l’efficacité du bevacizumab chez les personnes âgées, les auteurs de cette étude ont présenté les résultats des cohortes placebo et bevacizumab 15 mg/kg, mais pas celle de la cohorte bevacizumab 7.5 mg/kg. Le groupe traité par bevacizumab 15 mg/kg avait une PFS à 10.3 mois comparée à 7.7 mois dans le groupe placebo, avec un HR à 0.48 (p=0.0102).
Une phase II randomisée s’est intéressée à la combinaison bevacizumab et hormonothérapie (Abstract 1091). Cette étude a comparé l’association B avec anastrozole ou fulvestrant en première ligne chez les patientes hormono-sensibles. Sur 79 patientes incluses, 42 étaient évaluables. Les résultats préliminaires de cette étude sont très intéressants avec une PFS médiane estimée à 16.3 mois pour le bras B+anastrozole, et la PFS médiane du bras fulvestrant+B n’était encore atteinte.
Enfin les résultats d’une étude de phase II évaluant le pazopanib (GW786034) chez 21 patientes prétraitées pour un cancer du sein métastatique non HER-2 ont été présentés sous forme de poster (Abstract 1133). Le pazopanib est un inhibiteur de VEGFR, PDGFR et c-KIT qui bloque la croissance tumorale et l’angiogenèse. Il a montré une activité anti-tumorale dans différents types de tumeurs dans une étude de phase I présentée à l’ASCO 2005 (Abstract 3012). Les résultats actuels dans le cancer du sein sont mitigés avec une seule réponse partielle (5%) et un temps jusqu’à progression médian estimé à 3.7 mois.

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